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... l’étang de Thau, milieu vivant (12)

 

II. 3 Le fonctionnement des communautés biologiques

Après avoir repéré les espèces et déterminé les lieux et époques où elles sont visibles, il convient de s’intéresser aux autres aspects de leur vie, notamment en ce qui concerne le réseau d’inter-relations que les espèces et populations entretiennent. Ainsi les êtres vivants manifestent quatre grands types d’activités biologiques ("fonctions") :
-  Se nourrir (fonction trophique)
-  Echapper à la mort - se maintenir en vie (fonction de conservation)
-  Se reproduire (fonction de reproduction)
-  Vivre avec les autres espèces et les individus de leurs propres espèces (fonction sociale) A chaque instant, il faudra aussi s’intéresser aux mécanismes de l’Evolution qui ont doté ces espèces de moyens particuliers aptes à répondre à ces exigences fonctionnelles.

"Superprédateurs" "Prédateurs" "Consommateurs" "Producteurs"

Les fonctions trophiques

Le milieu "Etang" est caractérisé par la surabondance du plancton végétal au niveau des producteurs (remplacé par les végétaux supérieurs dans les milieux terrestres). Favorisées par l’important éclairement, des températures moyennes élevées et la richesse de l’eau en sels minéraux, les plantes microscopiques représentent des masses considérables. La productivité primaire, c’est-à-dire la capacité du milieu à produire de la matière organique est estimé à 200 g de carbone / m2 / an dans l’étang. A titre de comparaison, la mer Méditerranée dans les zones littorales, manifeste une productivité de 150 g de carbone / m2 / an, c’est-à-dire beaucoup moins que l’étang, puisque les lames d’eau sont d’épaisseur bien différentes. Les milieux lagunaires, et l’étang de Thau en particulier, sont donc des zones extraordinairement productives.

Les algues fixent le carbone atmosphérique et élaborent de la matière vivante (photosynthèse) consommable par toute une série d’animaux phytophages ou herbivores. A ce stade, interviennent le plancton animal (Crustacés, larves de Mollusques) mais aussi la grande masse des filtreurs. Ces animaux qui consomment le plancton possèdent des orifices munis de lamelles ou de tentacules qui retiennent les particules nutritives : des Mollusques (Huîtres, Moules, Palourdes, Coques), des Tuniciers (Cione), des Crustacés (Balanes), des Vers (Serpules,...) fonctionnent de cette manière. D’autres animaux sont davantage brouteurs d’herbes ou d’Algues recouvrant les rochers. C’est le cas des Gibbules, Patelles, Oursins, Chitons,...

A leur tour, ces consommateurs sont dévorés par des carnivores (prédateurs). Leur diversité est aussi très grande : Etoiles de mer qui recherchent les Moules, les Palourdes et les Coques, Escargots de mer (Murex) qui pèrcent la coquille des Mollusques et en dévorent le manteau, Poissons (Daurades) qui s’attaquent aux Moules et aux Anémones de mer, Le plancton animal est la base de l’alimentation de beaucoup de Poissons (Muges, Athérines) et de Crustacés (Crevettes,...) Plus haut encore dans la chaîne alimentaire, on rencontre les Oiseaux (Sternes, Grèbes) qui se nourrissent de petits poissons, puis enfin un certain nombre de détritivores et charognards, se nourrissant d’animaux affaiblis et de cadavres (Goëlands, Crabes,...) Au fur et à mesure qu’on monte dans la chaine alimentaire, le nombre d’espèces et le nombre d’individus appartenant aux différentes catégories trophiques diminue. Il y a ainsi moins de Sternes que d’Athérines, moins d’Etoiles de mer que de Moules, moins de Murex que d’Huîtres.

Il est très possible de mettre en évidence les principes fondamentaux des chaînes alimentaires. Sur une surface de référence (10 a 100 m2) on peut dénombrer les espèces et le nombre d’individus de ces espèces. Le classement des résultats en fonction du comportement alimentaire fera apparaître les proportions respectives des Proies et des Prédateurs.

Milieux Consommateurs Prédateurs
Espèces Individus Espèces Individus
Zones sableuses 7 580 2 31
Herbiers 11 630 3 24

Le comportement alimentaire est, d’autre part, intimement manifesté par la morphologie des animaux. Il est bon, à ce titre, de remarquer certains caractères anatomiques :
-  longueur des siphons et profondeur d’enfouissement dans le sable (Coques, Palourdes)
-  absence de siphons chez les Mollusques non fouisseurs
-  hydrodynamisme (corps fuselé) des Poissons prédateurs (Loups)
-  présence de tentacules. Un bon exemple général est fourni par la forme du bec des oiseaux de l’étang : selon la nourriture et le lieu d’alimentation, les formes de bec varient à l’extrême, évoquant tour à tour un filtre, un harpon, une pince, un crochet, une aiguille,... :

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