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Sommaire Le réseau ECORCE en quelques dates La prise en compte du DD au Domaine du Thoré L'agenda 21 du Conseil Général du Tarn Annexes
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Annexes
Épurer les eaux usées : quelles solutions alternatives ? Les toilettes sèches (ou à compost) Toilettes à compost (quelques sites)
(cliquez sur le thème choisi)
Site du centre d’information sur l’eau http://www.cieau.com/toutpubl/sommaire/index_flash.htm De la ressource au robinet http://www.cieau.com/toutpubl/sommaire/texte/5/contenu/5.htm
Quand
on parle de la qualité de l'eau, on se réfère essentiellement à deux
aspects :
- celui du confort et du plaisir. Les normes
Les
normes de qualité de l'eau potable sont très rigoureuses. Les normes
s'appuient en général sur les travaux médicaux établissant les doses
maximales admissibles (DMA), c'est-à-dire la quantité de telle ou telle
substance qu'un individu peut absorber sans danger quotidiennement tout
au long de sa vie. Sur cette base, on calcule quelle quantité maximale
peut être apportée par l'eau, en prenant une confortable marge de
sécurité. C’est le principe de précaution. "Que sont les normes de potabilité ?", par Jean-Luc Trancart, Lyonnaise des Eaux (1'05") Qu'est-ce qu'une norme ? Quels textes définissent les normes ? Quels sont les paramètres retenus ? Les dérogations aux normes Que se passe-t-il lorsque la norme est dépassée ? La liste des normes françaises Captage et pompage
En France, 60 % de
l'eau potable provient des eaux souterraines qui s'accumulent dans des
réservoirs naturels aquifères (libres dans les alluvions, captifs entre
deux couches géologiques imperméables).
Les grandes questions Un certain nombre de questions reviennent fréquemment parmi les préoccupations des consommateurs. Certaines sont d'ordre sanitaire (nitrates, pesticides, plomb, microbiologie, etc.), d'autres concernent plutôt le confort de consommation (chlore, calcaire, etc.). Les pesticides Le chlore dans l'eau potable Le calcaire dans l'eau potable Les nitrates dans l'eau potable Le plomb dans l'eau potable La qualité microbiologique Le fluor dans l'eau potable L'eau trouble et colorée
Les contrôles
Tout
dysfonctionnement dans la distribution d'un bien aussi essentiel que
l'eau, que ce soit en quantité ou en qualité, peut avoir des
conséquences fâcheuses.
La production
d'eau est soumise à des normes de qualité très exigeantes ; pour
respecter ces normes, l'eau brute doit passer par des traitements
souvent extrêmement sophistiqués. déceler toute anomalie en temps utile ; prévenir toute défaillance dans la qualité de l'eau distribuée. "Qui contrôle la qualité de l'eau potable ?", par le Professeur Hartemann, professeur de Santé publique, Directeur du laboratoire LHRSP (1'33")
Un double contrôle Les contrôles officiels La surveillance de l'exploitant Schéma du suivi de la qualité Schéma des mesures prises en cas de pollution L'information du consommateur Dans tous les cas,
la population doit être informée par les autorités municipales et
sanitaires, dès lors qu'un dépassement de norme risque de menacer la
santé publique. Des mesures sont ainsi prises (affichage public, tracts,
avis dans la presse...) tant par les pouvoirs publics que par les
distributeurs pour prévenir les consommateurs d'éventuelles restrictions
de consommation pouvant viser telle ou telle catégorie d'usagers, voire
l'ensemble de la population desservie. C'est le dispositif en vigueur
pour l'ensemble des normes de qualité de l'eau potable à caractère
sanitaire. "Comment obtenir des informations sur la qualité de l'eau du robinet ?", par Monique Chotard, Directeur du CI.EAU (1'13") L'information permanente sur la qualité L'information en cas de crise
Références réglementaires La qualité de
l'eau du robinet fait l'objet d'un encadrement réglementaire très
strict, à toutes les étapes de son cycle de production et de
distribution : la réglementation concerne aussi bien la nature des
ressources en eaux brutes utilisées et leur protection que le
déroulement des traitements, le stockage, la distribution, les contrôles
de qualité à opérer, l'information des consommateurs, etc.
Quelques points d'histoire Les principaux textes en vigueur Extraits réglementaires
La nouvelle règlementation de la qualité de l'eau depuis décembre 2003
De
nouvelles normes, pour plus de "précaution"
Les nouveaux paramètres de qualité
Vous trouverez les contenus des textes soulignés sur Internet, en parcourant les pages du site. http://www.cieau.com/toutpubl/sommaire/texte/5/contenu/5.htm
Les 3 pages de ce dossier sont extraites du site d’information sur l’eau. Elles sont tout public. Vous trouverez également sur ce site des pages concernant les enfants, et de nombreux plans et dessins. http://www.cieau.com/junior/index.htm Maurice Tournier Épurer les eaux usées : quelles solutions alternatives ? L’eau,
indispensable à la vie, est une ressource fragile. Cette prise de
conscience a mené à des décisions politiques, telles la directive
européenne de mai 1991 et la loi sur l’eau de janvier 1992 qui fixent
des échéances pour la mise à niveau aux normes européennes des stations
d’épuration :
LES PRINCIPALES TECHNIQUES ALTERNATIVES D'ÉPURATION DES EAUX USÉES Le lagunage naturel Le principe du
lagunage consiste à envoyer les eaux usées dans plusieurs bassins en
cascade, généralement trois. Le processus d’auto-épuration qui s’établit
dans les bassins, est dû en grande partie à des organismes vivants
(algues, bactéries...) qui prolifèrent et trouvent leur équilibre en
fonction des conditions de milieu. Plusieurs procédés sont regroupés sous le terme lagunage naturel, dont voici les principaux :
Les filtres plantés de roseaux Le traitement des
eaux usées « sur filtres plantés de roseaux », est issu des recherches
du C.E.M.A.G.R.E.F. Le procédé est diffusé par la S.I.N.T.(voir adresses
utiles).
Les jardins
filtrants
Le pouvoir
épurateur du sol
La saulaie Suite à un
programme européen de transfert de technologie, la station d’épuration
de Villeneuve-d’Ascq, met en place, sur un modèle suédois, une saulaie
pour compléter l’épuration des eaux usées à la sortie de sa station.
Le procédé Rhizophyte (station à boue activées) Le Rhizophyte est
un procédé de traitement des boues issues des stations d’épuration à
boues activées. Il a été élaboré et éprouvé par le C.E.M.A.G.R.E.F. et
la S.A.U.R. Il est basé sur le principe d’une déshydratation des boues
sur lits de séchages plantés de roseaux.
COMPARAISON DES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS
QUELQUES COÛTS Les coûts de
construction d’une station d’épuration sont largement fonction des
contraintes du site. Pour cette raison, il est conseillé de chiffrer une
station à l’aide d’une étude préalable.
ADRESSES UTILES Agence de l’eau
Loire-Bretagne Avenue Buffon B.P.6339 45063 Orléans Cedex 2 Site et Concept
Environnement 9, Avenue Philippe Auguste 75011 Paris Centre d’Etude du
Machinisme Agricole et du Génie Rural des Eaux et Forêts (C.E.M.A.G.R.E.F.)
3 bis, quai Chauveau 69336 Lyon Cedex 09 Société
d’Aménagement Urbain et Rural (S.A.U.R.) 69, Avenue de Verdun 45401
Fleury-les-Aubrais GLOSSAIRE
EH Équivalent
habitant : notion utilisée pour exprimer la charge
polluante d’un effluent par comparaison avec celle d’un habitant.
Document composé d’après la fiche 6/1 du site http://www.archi.fr/CAUE45/Publications/Fiches/F6_1.html
Les toilettes sèches (ou à compost) La toilette à litière biomaîtrisée ou TLB Il
s’agit de la troisième génération des toilettes sèches, après les
latrines malodorantes, polluantes, de nos grands-parents et les
toilettes dites «scandinaves». C’est une nouvelle génération, car le
principe de fonctionnement est radicalement différent de
celles qui l’ont précédées.
Le principe de fonctionnement de la TLB L’objectif est de reconduire nos déjections dans le cycle de formation de l’humus dans les meilleures conditions possibles. A cette fin, la première chose à faire est d’empêcher l’uréase – cet enzyme présent dans les déjections – de transformer l’azote organique précieux en ammoniac, inutilisable pour la synthèse de l’humus. Ce phénomène a été compris grâce à une observation de laboratoire [2] : la cellulose végétale inhibe les réactions enzymatiques qui minéralisent la matière organique des déjections. Or, ces réactions sont aussi à l’origine des odeurs désagréables. L’idée est donc immédiate: ajouter de la cellulose végétale à nos déjections pour bloquer les réactions enzymatiques, ce qui, par la même occasion, empêche le dégagement des odeurs. Une des conséquences de cette adjonction est l’augmentation du rapport carbone/azote de nos déjections qui, de ce fait, sont prêtes pour un compostage aérobie en plein air [3] . Un détail important : le blocage des réactions enzymatiques n’a lieu qu’en milieu humide, donc en présence d’urine. C’est la raison pour laquelle on ne peut, en aucune manière, séparer l’urine et la matière fécale. De plus, afin d’empêcher le démarrage de la minéralisation de l’azote, l’adjonction de la cellulose végétale (la litière utilisée ) doit intervenir directement après la production de la déjection.
Comment se présente une TLB ? Contrairement aux toilettes sèches du commerce, après la modification de notre vision des déjections, on ne s’efforcera plus d’imiter le W-C à chasse. Ce n’est plus une nécessité. Au contraire, la TLB devient un joli meuble dont le style est assorti au style du mobilier de l’habitation. Pour voir les TLB installées dans un centre de stages en Belgique cliquer ici . Le principe de fonctionnement peut même servir à installer un urinoir à litière . Sur le plan technique, c’est la simplicité qui domine. La TLB est un seau placé dans un meuble qui peut nous rappeler la chaise percée. Pour les amoureux du confort absolu, on peut même y mettre des accoudoirs et un dossier capitonné. Il ne faut prévoir ni arrivée d’eau (sauf pour le lave-mains), ni tuyau d’évacuation, ni ventilation forcée. La TLB se place à l’intérieur de la maison dans la pièce prévue pour le W-C ou dans la salle de bains. Pour augmenter le confort de leurs habitations, certains placent une TLB dans chaque chambre d’amis, derrière un paravent. Elle a également sa place dans la chambre d’un malade. Pour autant qu’on se conforme aux recommandations , l’usage d’une TLB ne génère pas plus d’odeur qu’un W-C classique. Toute matière végétale sèche convient pour la litière. En Belgique, on peut se la procurer déjà prête aux Etablissements Samain (41, rue du Palais, B-7760, TOTTES, tél.: 069/45.48.27). On peut également utiliser de la sciure et des copeaux d’un atelier de menuiserie, en veillant cependant à ne pas utiliser du bois exotique car il dégage une forte odeur. Enfin, on peut faire soi-même sa propre litière, pourvu qu’on ait un broyeur à végétaux . Des feuilles mortes , bois d’élagage, tiges de plantes ligneuses comme le tournesol, le poivron, le lavandin, etc., constitueront une excellente litière. Le carton broyé et la tonte de gazon séchée peuvent également servir. Cependant, il est préférable de prévoir un endroit abrité pour stocker la litière, surtout quand on la fait soi-même. Pour voir le bac à litière , cliquer ici. Comment construire sa TLB? La TLB ne bénéficie pas de promotion commerciale. Le principe est de mettre à la disposition de tous une toilette vraiment respectueuse de l’environnement. Elle peut évidemment être fabriquée, suivant nos plans par tous ceux qui en sentent la vocation. Je n’ai que trois souhaits à ce sujet: · Lors de la promotion commerciale, faire référence à mes travaux. · Avec l’accord des acheteurs, me communiquer les coordonnées des personnes qui l’utilisent. · Demander aux utilisateurs de me communiquer leurs impression et leurs expériences. Ces deux derniers souhaits visent à améliorer le système et à pouvoir guider les candidats utilisateurs par des visites d’installations en service. Toutefois, si vous n'êtes pas bricoleur(euse), des TLB sont actuellement disponibles sur le marché. Consultez le site: www.salubrem.com La fabrication
d’une TLB est à la portée d’un
bricoleur moyen.
Pour la suite, passer à la page Mode d’emploi TLB Retour à la page Utiliser une toilette sèche Retour à la page éco-consommation de l’eau Pour compléter
votre information, visitez le site :
http://www.eco-bio.info/ouaterre.html
Pourquoi utiliser une toilette sèche ? Beaucoup d’environnementalistes considèrent que l’usage d’une toilette sèche est un des sommets de la conscience écologique. Ils ont entièrement raison, bien que l’argumentation qu’ils avancent en général pour défendre leur point de vue n’est pas tout à fait correcte. La promotion des toilettes sèches tourne autour de deux idées forces: la pollution générée par les W-C et le gaspillage d’eau potable dans les chasses. Sans nier la pertinence de cette argumentation, force est de constater qu’il s’agit en fait de deux aspects mineurs d’un problème beaucoup plus général touchant les bases mêmes de la gestion durable de l’eau dans le monde. Cet aspect n’est pas abordé par les défenseurs des toilettes sèches. C’est au cours de nombreuses discussions que j’ai eues avec les fabriquants et les promoteurs des toilettes sèches du commerce que j’ai réalisé combien ces deux idées forces mentionnées ci-dessus ont fait et font encore obstacle à l’extension de ces toilettes. «L’enfer est pavé de bonnes intentions». C’est la phrase qui caractérise le mieux la situation. L’obstacle se situe à plusieurs niveaux : -Les deux idées, citées plus haut, en occultant une troisième, bien plus fondamentale, ont induit des solutions techniques boiteuses et peu acceptables par le public. -Une étude sérieuse met facilement en évidence les défauts des installations proposées dans le commerce et montre que leur écobilan est loin d’être aussi bon que les promoteurs le prétendent. De ce fait, les objections formulées à l’encontre des toilettes sèches ne manquent pas de pertinence, même si on se place du coté de ceux qui reconnaissent les défauts du W-C à chasse. -L’inertie du public à accepter un changement. En résumé: les toilettes sèches du commerce destinées au grand public sont peu confortables, extrêmement coûteuses et ont un écobilan contestable. Les promoteurs du tout-à-l’égout ont encore des beaux jours devant eux avant une prise de conscience devant le gâchis environnemental perpétré. C’est triste à dire, mais à cause d’un manque d’ouverture scientifique de leur part, les fossoyeurs de la toilette sèche sont ceux qui la fabriquent et la vendent. Mes discussions avec les concepteurs et les vendeurs des toilettes sèches deviennent rapidement un dialogue de sourds. Même devant des faits analytiques, ils s’accrochent à des solutions techniques scientifiquement dépassées, nuisibles même. Je préfère encore affronter les techniciens académiques du génie sanitaire qui finissent toujours par admettre le bien-fondé de mon argumentation. Entre scientifiques, on se comprend mieux, même si on n’est pas du même bord. Lorsque ces collègues ont épuisé tous les arguments scientifiques, ils avancent l’argument suprême des exigences de la loi en matière d’assainissement et d’épuration. Avec les environnementalistes par contre, du moins avec ceux qui n’ont pas pu dépasser les solutions classiques, la discussion tourne rapidement au vinaigre, car ils travaillent souvent au niveau émotionnel. Toilettes sèches et idées fausses La première idée fausse est la séparation de la matière fécale et de l’urine. Un concepteur danois de toilettes sèches a exposé un jour à une conférence publique organisée par un architecte bruxellois [1] que «les animaux dans la nature ne défèquent et n’urinent pas nécessairement à la même place». Il est donc tout à fait «naturel» de séparer les deux effluents. Cette justification manque de données scientifiques. Il vaut mieux dire franchement qu’on sépare les deux pour des raisons de commodité technique: la volonté d’espacer les manutentions des effluents. L’urine, facile à stocker dans un réservoir séparé, constitue 90% de la masse de nos déjections. Les fèces desséchées occupent peu de place. Dès le moment où l’urine est évacuée de la toilette par simple écoulement, l’enlèvement du peu de matière solide qui reste peut attendre plusieurs mois. Grâce à cette astuce, l’usage de la toilette sèche s’apparente à celui d’un W-C. L’usager de passage ne voit pratiquement pas la différence. Les nouvelles technologies viennent à la rescousse: la cuve reçoit un revêtement à base de silicone sur lequel les liquides n’adhèrent pas et l’urine ruisselle sans laisser de traces. L’objectif fixé par les constructeurs est atteint: nos excréments sont évacués hors de notre vue. Nous pouvons continuer à faire semblant d’ignorer le problème. Le compostage interne dans un réservoir situé sous la toilette s’inspire toujours du souci d’éviter de s’occuper, autant que faire se peut, de nos déjections. Malheureusement, il n’est pas possible de réaliser dans une cuve ou dans une fosse les conditions aérobies nécessaires pour un bon compostage. Le véritable compostage se fait sur le sol même , en symbiose avec la faune qui vit dans le sol. Toute fermentation anaérobie, inévitable dans les cuves, soustrait l’azote et aussi une bonne partie du carbone au processus de formation de l’humus, tout en libérant, en prime, la pollution par les nitrates et l’ammonium. Malheureusement, le prix à payer pour ce confort intellectuel est plutôt élevé aussi bien au niveau technique et financier qu’au niveau environnemental. Au niveau technique, c’est l’émergence du problème des odeurs qui nécessite des solutions complexes et coûteuses. Comme nous allons le voir à propos de la toilette à litière biomaîtrisée , la clef de la maîtrise simple des odeurs se trouve précisément dans la réunion de l’urine et de la matière fécale. Lorsqu’on sépare les deux, les odeurs apparaissent des deux côtés. Pour les évacuer, il faut un système de tuyauterie et de ventilation forcée. Une toilette sèche classique comme la Clivus Multrum [2] occupe la place d’une chambre dans une habitation, sans parler du percement du plancher, du plafond et du toit. Une panne de courant et le système d’aspiration, qui doit tourner 24 heures/24, cesse de fonctionner: c’est l’apparition des odeurs et… des mouches. Il faut vraiment vouloir une telle installation qui coûte facilement 5.000 € (hormis le coût de la place qu’elle occupe dans la maison) et consomme environ pour 100 à 200 € d’électricité (souvent d'origine nucléaire) par an. Si l’utilisateur de bonne foi prenait la peine d’examiner les impacts environnementaux de sa toilette, il irait rapidement chez le plombier le plus proche pour faire installer un W-C classique et un bon système d’épuration. La deuxième idée fausse est d’assimiler les fèces desséchées à de l’humus. Pratiquement la totalité des toilettes sèches du commerce fonctionne suivant le même principe [3] . En consultant les catalogues, hauts en couleur de ces toilettes, on relève la discrétion concernant le devenir des urines. Ce qui est le plus choquant, c’est qu’on appelle «compost» un produit qui n’est rien d’autre que des fèces desséchées. Dès qu’on a séparé les urines, le compostage des matières solides devient problématique. Lorsqu’on mélange ces matières avec de la tourbe, il n’y a, au mieux, qu’une sorte de maturation par dessèchement, mais nullement de la formation d’humus. La troisième idée fausse est de croire que l’urine stockée peut être utilisée dans le jardin, sans nuisances. L’urine est recueillie dans un réservoir où, grâce à l’action d’un enzyme toujours présent dans l’urine [4] , 90 % de l’azote organique se transforme en ions d’ammonium en moins de 48 heures. C’est ce qui explique l’odeur d’ammoniac (NH3) de l’urine qui séjourne quelques heures dans un pot de chambre ou dans un seau hygiénique. Compte tenu du fait qu’environ 80 % de l’azote organique contenu dans nos déjections se trouve dans l’urine, on comprend l’importance du devenir de l’urine pour le milieu récepteur. En fait, sous forme ammoniacale, l’azote ne peut suivre dans la nature que le chemin de l’oxydation. Il se forme ainsi des ions nitreux (NO2-) particulièrement toxiques qui s’oxydent en nitrates (NO3-). L’urine stockée dans le réservoir de la toilette devient un concentré d’ammonium contenant des ions de nitrites et de nitrates. Les constructeurs des toilettes sèches recommandent d’utiliser l’urine stockée en la diluant 8 fois pour l’irrigation des plantes. Après avoir ajouté de l’eau pour diluer 8 fois l’urine, on se demande ce que devient l’économie d’eau annoncée pour justifier l’installation. Le véritable problème réside dans le processus de percolation et d’oxydation de l’ammoniac contenu dans le liquide. Sous forme ammoniacale (NH4+), l’azote s’infiltre encore plus facilement et rapidement [5] dans la nappe phréatique que sous forme nitrique et constitue une pollution particulièrement pernicieuse. Les ions d’ammonium présents dans le liquide épandu en surface s’oxydent en nitrates. Ceux-ci ont incontestablement un pouvoir fertilisant et agissent comme un engrais chimique, mais d’une manière plus nuisible, car ils contiennent en outre, des ions nitreux (NO2-) très toxiques. Affirmer donc que les urines stockées et dilués peuvent être utilisés sans nuisances dans le jardin est une position qui ne peut être justifiée que par l’ignorance complète des processus physico-chimiques qui ont lieu dans l’urine stockée et ceux qui régissent la vie du sol. La quatrième idée fausse est de croire que l’avantage principal des toilettes sèches est l’économie d’eau. Nous avons vu, à propos de la dilution de l’urine avant son utilisation dans le jardin, que l’économie d’eau est moins importante qu’annoncée. Cette idée en entraîne une autre, encore plus grave: le but principal de la toilette sèche est d’éviter de polluer l’eau. Sans nier cet aspect, il faut attirer l’attention sur le fait que l’urine épandue dans le jardin pollue plus nos réserves d’eau potable que l’épuration classique des eaux fécales. Le corollaire de cette idée fausse est de croire qu’une bonne épuration des eaux fécales répare les dégâts causés par l’usage d’un W-C à chasse. C’est, sans aucun doute, l’erreur la plus lourde de conséquences. C’est ce qui conduit les personnes motivées pour la protection de l’environnement vers les systèmes d’épuration par les plantes . Au risque de nous répéter, nous devons insister sur le fait qu’il n’y a pas de bonne méthode pour épurer les eaux vannes. Le gâchis est fait au moment où les excréments sont évacués dans de l’eau et ce gâchis est irréversible [6] . Le fond du problème Après cette analyse, le lecteur peut se demander à juste titre, ce qu’il faut faire si l’usage des W-C est à déconseiller et que l’usage des toilettes sèches du commerce est tout aussi nuisible. Pour répondre à cette question il faut : ·revoir notre relation à nos déjections; ·connaître la loi de base qui régit le fonctionnement de tous les écosystèmes; ·s’orienter vers les techniques qui ont intégré ces nouvelles données. Pour commencer, voici l’énoncé de cette loi:
Qu’est-ce que la «biomasse végétale ou animale»?
Si l’on examine les causes premières de tous les problèmes d’eau rencontrés dans le monde, on découvre à la base des décisions incorrectes relatives à la gestion de la biomasse. La destruction massive de celle-ci sous prétexte de «valorisation énergétique» ou «d’épuration» déséquilibre de plus en plus la biosphère jusqu’au point de rupture. Même une partie de l’effet de serre provient de la gestion incorrecte de la biomasse. La biomasse fécale humaine est loin d’être une «quantité négligeable». L’azote contenu dans les déjections de l’humanité représente une masse équivalante à 40 % de l’azote utilisé dans l’agriculture mondiale. Dans le règne animal terrestre (grands animaux), la biomasse humaine se situe à la deuxième place après les bovins et avant les porcins. Lorsqu’on envisage la gestion durable de la biosphère, la destruction massive des déjections humaines sous prétexte d’épuration est une forme de suicide collectif. En ce sens, le principe même de l’épuration des eaux fécales, quel que soit le système utilisé, est incompatible avec le concept du développement durable [7] . Pour satisfaire les exigences de la loi de base, il faut trouver une solution technique qui reconduit nos déjections conjointement avec la biomasse végétale dans le cycle de formation de l’humus. La toilette à litière biomaîtrisée (TLB) constitue une des réponses possibles à cet exigence. Que faut-il alors revoir dans notre relation à nos excréments ? En résumé, il faut admettre une fois pour toutes que nos déjections ne sont pas des déchets à éliminer, mais font partie intégrante de l’écosystème qui nous fait vivre. Notre alimentation vient de la terre, nos déjections doivent y retourner, mais suivant un processus qu’il vaut mieux connaître afin de ne pas commettre de fautes irréparables. A ce sujet, il est intéressant de lire un de mes textes destiné à une publication collective: Nos relations avec nos déjections. Consulter également le site http://viard.eric.free.fr/ouaterre.html Pour
la suite de votre lecture, il est instructif de méditer sur le
texte suivant
Toilettes à compost (quelques sites) http://www.eco-bio.info/ouaterre.html http://www.toiletteacompost.org/ http://www.toiletteacompost.org/article.php3?id_article=33 http://www.pensifs.com/sciences/economie/toilettes-seches.php http://fr.wikipedia.org/wiki/Toilette_s%C3%A8che http://www.tamaisontonjardin.net/article.php3?id_article=11 http://www.envirolet-europe.com/choicefrench.html http://www.habiter-autrement.org/11.construction/07_cons.htm http://www.21esiecle.qc.ca/toilette_compost.html http://beruchot.free.fr/toiletteseches.html http://www.passerelleco.info/article.php3?id_article=341 http://partiefaire1tour.net/article.php3?id_article=80 http://www.archilibre.org/ateliers/toiletzom/toilet.html http://www.habitat-ecologique.org/doc/toilettes_seches.pdf http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=3560 http://www.terrevivante.org/pdf/FR%20toilettes%20sans%20eau%2006.pdf http://www.habitat-ecologique.org/doc/061122_ETS.pdf http://www.eco-sapiens.com/infos-dossier.php?titre=Des+toilettes+s%E8ches+chez+soi http://www.bioeco.org/docs/330-3.pdf http://www.atoutconstruction.fr/_kiosque_source.php3?id_syndic=30 http://www.bregeon.net/sebetclo/index.php?fr/toilettes-seches
INTERVIEW Thierry CARCENAC Président du Conseil général (paru sur Atout Tarn, bulletin d’inf du CG81) Monsieur le Président, le Tarn fait partie des 10 départements français les plus engagés dans le développement durable. Pourquoi vous êtes vous investi personnellement dans ce projet ? T. CARCENAC : C'est un choix important pour le Conseil général car c'est la première fois qu'un travail de réflexion portant sur toutes les politiques départementales va être mené. A ce titre, c'est une opportunité extraordinaire pour améliorer l'action du Conseil général en y intégrant les principes du développement durable. C’est-à-dire des politiques respectueuses de l’environnement et des générations futures. Quels sont les fondements qui vont vous permettre d’élaborer votre programme d’actions départemental, prévu pour janvier 2007 ? T. CARCENAC : Au préalable, il est nécessaire de partir de l’analyse des besoins des tarnais, notamment dans les domaines de l’économie, de l’action sociale, des infrastructures et de l’aménagement du territoire. C’est pour cela qu’au-delà des Forums organisés avec nos partenaires, un questionnaire va être envoyé à tous les tarnais afin qu’ils nous précisent leurs attentes. L’efficacité économique reste un des fondements de nos politiques et donc de nos politiques de développement durable. Nous devons toujours rechercher les solutions les plus viables économiquement et économes à long terme. L’approche sociale doit aussi être au coeur du développement durable. Tant que subsistent des inégalités, aucun autre principe ne peut concrètement être entendu. La solidarité territoriale, les principes de précaution, d’économie de ressources nous guideront pour construire ce programme d’actions. En quoi cette politique va-t-elle améliorer la vie des tarnais ? T. CARCENAC : Les activités d'un territoire, si elles ne sont pas maîtrisées, peuvent engendrer des effets tout à fait nuisibles. Le développement durable prend en compte non seulement la réponse aux besoins d'aujourd'hui, mais aussi permet de prendre en compte ceux de demain. Il doit être un outil permettant de développer les solidarités entre les citoyens, entre les générations et entre les territoires. Pour montrer l’exemple, vous avez choisi d’appliquer ces principes à tous les services du Conseil général. Concrètement, qu’est-ce que cela change ? T. CARCENAC : Il était logique de commencer dans nos propres services. La première étape de notre engagement a consisté à sensibiliser et à former les élus et le personnel du Conseil général. Chacun à notre niveau, nous devons être capable d’intégrer le développement durable dans nos missions quotidiennes afin que notre collectivité participe à une gestion raisonnée des ressources. En interne, notre futur plan d’actions doit nous permettre notamment la réduction sensible de la consommation du papier, de la quantité d’électricité et d’eau consommée, l’utilisation de produits respectueux de l’environnement pour l’entretien des locaux. Les agents ont adhéré à cette démarche et sont dans l’ensemble enthousiastes
Tout sur l’Agenda 21 du Conseil général du Tarn http://www.tarn.fr/index.php?id=343
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